Obligations durables : solides au 1T26 mais toujours -17 % en glissement annuel.
Le nouveau rapport de Moody's montre que les émissions mondiales d'obligations durables au T1 2026 ont atteint 241 mds $ – soit +18 % d’un trimestre à l’autre, mais toujours -17 % d’une année sur l’autre. La prévision annuelle reste à ~900 mds $ (similaire à 2025). L'Europe est le moteur dominant, l'Asie-Pacifique chute d'un tiers.
Structure par type (T1 2026) :
- obligations vertes – dominent avec 63 % du volume, +5 % d’un trimestre à l’autre. UE 100 mds $ (+41 %), Asie -48 %
- obligations sociales – meilleur trimestre en 2 ans, plus que doublé à $47,6 mld.
- obligations de durabilité – légère croissance QoQ, mais -60 % yoy
- obligations liées à la durabilité (SLB) – stagnation à ~3 mld $ (faiblesse chronique depuis 2023)
- obligations de transition – petit segment ($4,1 mld.), mais la plus forte croissance : +32 % YoY, +52 % QoQ.
Répartition géographique - L'Europe mène :
- Europe : $137 mld (+58 % QoQ) – leader évident
- Asie-Pacifique : $45 mld (-35 % QoQ) – baisse, surtout la Chine
- Amérique du Nord : légère baisse (administration Trump + retrait des règles climatiques par la SEC n'aident pas)
Répartition des émetteurs - l'intérêt des entreprises diminue, celui des gouvernements augmente :
- Institutions financières : 23 %
- Entreprises non financières : 25 %
- Émetteurs souverains + agences : les deux catégories ont plus que doublé QoQ – un grand déplacement vers le secteur public
Quoi retenir ?
1. Les obligations durables sont dans le « new normal » du cycle. Après une croissance fulgurante 2020–2022 et une chute 2023–2024, le marché s’est stabilisé autour de 900 milliards $/an. Le marché obligataire mondial total émet ~25 trn $ par an, donc le durable représente aujourd’hui ~3,5 %.
2. Les SLB poursuivent la crise de confiance – les sustainability‑linked bonds (où l’émetteur promet des sanctions en cas de non‑atteinte des KPI ESG) sont à 3 milliards $/trimestre – elles devaient autrefois être l’avenir du marché. La raison en est des KPI faibles, des objectifs peu ambitieux, des taux de pénalité bas.
3. Les obligations de transition sont le nouveau segment chaud. Le Japon mène avec les obligations GX (Green Transformation), mais l’espace est ouvert. Pour les secteurs difficiles à décarboner (acier, ciment, chimie, aviation), l’obligation de transition est plus logique qu’une green bond (où les critères d’éligibilité stricts ne sont tout simplement pas remplis par une aciérie).
4. L'Europe tire. Sans elle, le marché s'effondrerait. L'UE a des avantages structurels : EU Green Bond Standard (GBS) à partir de 2024, reporting CSRD/ESRS, fonds SFDR Article 8/9 obligés d'allouer. La chute en Asie-Pacifique reflète la Chine (ralentissement économique + ralentissement de la construction verte).
5. La République tchèque - possède pour l’instant un petit marché des obligations durables ; les obligations de transition représentent une opportunité intéressante de financer la décarbonisation à moindre coût que les obligations traditionnelles.
6. Les émetteurs souverains reviennent. Plus d’un doublement des volumes souverains est le signe que les États financent la transition énergétique via les marchés de capitaux.
Source : ESG Today / Moody's
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